Nouvelles technologies et spiritualité

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Écrire cet article n’a pas été facile mais la nécessité s’est faite plus forte. Nous vivons une époque déboussolante et beaucoup ne savent plus en quoi croire ni où chercher pour trouver un fondement stable, une direction et un sens. Face à l’effondrement imminent, c’est la tentation de la résignation morbide consciente et inconsciente, individuelle et collective, qui se profile. Comprendre ce temps de changement en l’embrassant dans sa globalité et sa profondeur est désormais vital mais ne peut faire l’économie d’un éclairage spirituel et d’une redécouverte d’un passé oublié. Il n’est pas question ici de révéler un grand secret, mais simplement de tenter d’unir des connaissances qui n’ont souvent été exposées que superficiellement ou de manière fragmentée et de les relier pour les mettre en perspective avec la grande singularité technologique qui s’est greffée à notre époque moderne. Si nous voulons en effet puiser dans nos sagesses anciennes et parfois même aller chercher au-delà de l’histoire connue, c’est pourtant au travers d’un regard sur les technologies de l’information et de la communication (les TIC) que nous trouverons des confirmations et précisions sur les signes qui s’expriment aujourd’hui, afin de mieux nous situer et trouver notre chemin. Nous verrons en effet comment une connexion surprenante se dessine entre ces nouvelles technologies, un monde spirituel qu’elles tentent d’imiter sans l’avouer et les caractéristiques les plus visibles de cette fin de cycle que sont la vitesse et le « règne de la quantité ». Un voyage qui nous emmènera aussi bien dans les méandres et la face cachée du réseau Internet qu’au travers des traditions d’Occident, d’Orient et des peuples premiers. Il sera, nous le souhaitons, une ouverture pour ceux qui cherchent.

La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s’y trouve.”, Rûmí


Préambule : le vertige des TIC

Dans des articles précédents (1), nous nous sommes intéressés à l’évolution vertigineuse des technologies de l’information et du nouveau monde virtuel qu’elles portent. Un monde où l’espace et le temps semblent se dissoudre, où les langues s’effacent, et où l’accès à presque toute la connaissance humaine devient possible, le tout plongé dans une gratuité d’apparence. Les attributs divins et les idées des grands mythes fondateurs des religions monothéistes (Adam et Ève, l’arbre de la connaissance du bien et du mal et la tour de Babel) semblent vouloir s’incarner dans ces nouvelles inventions aux caractères magiques, discrètement contrôlées par une nouvelle élite temporelle. Peut-être nous trouvons-nous face à la « parodie du spirituel » évoquée par René Guénon (2) il y a déjà presque un siècle.

Ces nouveaux géants technologiques, qu’ils s’appellent Apple, Amazon, Facebook ou Google ont quasiment renversé le modèle initial de l’Internet libre et décentralisé, dans lequel chacun pouvait être acteur ou récepteur (client ou serveur) pour faire place à une concentration quasi monopolistique des services. En toile de fond, c’est une centralisation de la connaissance et de nos informations personnelles qui seront stockées dans leurs centres de données puis passées à la moulinette d’algorithmes mathématiques pour les transformer en décisions/prédictions, en publicité, en influence, en argent et finalement en une servitude invisible et tacitement acceptée. Nous avions déjà évoqué comment ces prises de décisions automatiques réalisent une érosion progressive de notre libre-arbitre, et finissent même par cristalliser une entrave à l’intelligence inspirée, à ce quelque chose de plus Grand qui pourrait encore s’ exprimer dans ce qui nous reste d’Humanité (3). S’il est aujourd’hui difficile de se passer des services numériques que ces géants nous donnent en aumône en échange de leur place à la tête du NASDAQ (4), nous avions aussi évoqué qu’au sein même de ces technologies, il existe des chemins de traverse en syntonie avec des idéaux de liberté, de justice, de vérité, de don gratuit et d’échange. C’est notamment toute une partie du courant des logiciels libres et « open source » (5) qui, même s’ils ne sont pas à Google, Facebook et Microsoft, ce qu’est l’agriculture biologique à Mac Donald et Monsanto, présente des caractéristiques très intéressantes (6). Alors, seront-ils des outils nécessaires et peut-être éphémères pour la phase de transition que traverse notre humanité en ce moment ? Qui sait ?…

Mais avant de plonger plus profond dans ces technologies, reprenons notre souffle et faisons d’abord un petit voyage dans le passé de nos traditions spirituelles.

Première partie : la fin d’un monde ou la sortie de « l’âge de fer »

Beaucoup ressentent aujourd’hui de manière plus ou moins confuse que notre monde traverse une crise majeure de part sa profondeur et son ampleur. Elle est écologique, économique, politique, sociale mais aussi culturelle, morale et spirituelle. C’est comme si tout pouvait s’effondrer du jour au lendemain. Quelques chercheurs se sont intéressés à cet ensemble de « crises » inédites dans une approche globale. Pablo Servigne et Raphaël Stevens l’expriment ainsi, dans une interview récente donnée à la revue Ultreïa :

« Peut-être sommes nous entrés dans ce que les historiens appelleront un effondrement de civilisation, une période d’incertitude et d’imprévisibilité maximale. Le comprendre et l’accepter constituent sans doute une première étape pour envisager une renaissance... » (7).

Les médias et autres moyens de communication dominants ne nous présentent cette « période d’incertitude et d’imprévisibilité maximale » que par petites touches répétées et via des mauvaises nouvelles déconnectées les unes des autres, nous empêchant ainsi une vision globale du phénomène. Chaque jour, on cherche à nous injecter une dose de peur. Ceci ne favorise évidemment pas nos velléités d’un changement en profondeur mais nous paralyse au contraire dans l’indécision et l’inaction. Parfois la colère individuelle ou collective explose mais elle ne sait pourtant pas où se diriger : le pouvoir politique, financier, les migrants, etc. ?

Comme il faut bien nous apaiser (en surface) après tout ça, ce sont donc diversions, loisirs et pulsions consommatrices aussi vides les unes que les autres. Certains parlent même « d’armes de distraction massive ». Un gaspillage et une déviation vers l’inutile voire le néfaste de l’énergie qui nous reste. Il pourrait d’ailleurs être intéressant d’analyser comment ces actions paralysantes externes essaient d’agir à tous les niveaux de notre être mais cela nous emmènerait trop loin. Ce qui est important en revanche est de comprendre que notre libération doit être globale : physique (8), émotionnelle, psychique consciente et inconsciente et avant tout spirituelle.

Mais ceux qui continuent d’orchestrer cette illusion croient-ils qu’ils vont empêcher le soleil de se lever, le Souffle (9) de s’exprimer ? Car le moteur invisible de cette mue n’est évidemment pas de ce monde. Ce dont il est question ici n’est d’ailleurs pas une crise mais un changement de paradigme complet et au-delà même de ce que nous pouvons imaginer. Ce n’est pas la « fin du monde » mais la « fin d’un monde », une révolution qui doit d’ailleurs se réaliser d’abord en nous, comme un préalable indispensable à ce qui vient. En prendre conscience et l’accepter peut être le début d’une transformation et c’est en cela que cet article peut être utile.

Pour comprendre ce qu’est cette grande mutation que nous sommes en train de vivre, nous allons nous tourner tout d’abord vers les grandes traditions et sagesses spirituelles de l’humanité, qu’elles viennent d’Occident, d’Orient ou des peuples premiers. Elles parlent presque toutes à leur façon de ce grand changement même si les mots diffèrent parfois un peu et s’il faut parfois creuser dans les images et les symboles pour ne pas rester sur des contresens. Il ne s’agit pas de s’abandonner à un syncrétisme facile mais bien au contraire d’aller au-delà des murs, des frontières et des divisions d’apparence pour (re)trouver l’essence et l’Unité commune. Morihei Ueshiba à la fois fondateur de l’aïkido – un art martial japonais - et maître spirituel disait :

« There are many paths leading to the top of Mount Fuji, but there is only one summit : Love. (10)».

Commençons par la tradition judéo-chrétienne, plus proche de nous, même si je sais qu’elle peut rebiffer certains. Commençons même par le mot « apocalypse » qui a tant hanté les imaginaires collectifs pendant des siècles. Ce terme, qui a souvent été mal compris, provient du grec « apokálupsis » . Il signifie étymologiquement « découvrir, retirer le voile ». Dans un sens spirituel, il s’agit de retrouver une sagesse, une vérité cachée mais aussi une connexion au Souffle. Ceci ayant été voilé, voire perdu dans une « chute » qui nous a éloignée du sens des enseignements et des symboles, de l’union avec la présence divine et de l’innocence originelle pour nous projeter vers le matérialisme, la division et finalement l’illusion. Sur un plan plus matériel, il s’agit peut-être aussi de découvrir ce qui était caché ou accessible à une petite minorité dans des domaines comme la politique, l’économie et la technologie. Les révélations d’Edward Snowden ou de Julian Assange ont ainsi récemment mis en lumière ce qu’il y a réellement derrière l’illusion de liberté et de démocratie invoquées en permanence par les « élites » : une utilisation massive et généralisée des technologies pour nous soumettre à une surveillance permanente qui masque à peine une peur de perdre leur pouvoir temporel dans cette période qu’elles ne comprennent pas. En tout état de cause, s’il n’est évidemment pas exclu que cet accouchement se fasse dans la douleur et passe par ce que nous appelons des « catastrophes », c’est pourtant bien de renaissance dont il est in fine question.

René Guénon l’exprime ainsi dans le début de son livre La crise du monde moderne :

« Depuis lors, les vérités qui étaient autrefois accessibles à tous les hommes sont devenues de plus en plus cachées et difficiles à atteindre ; ceux qui les possèdent sont de moins en moins nombreux, et, si le trésor de sagesse « non humaine », antérieure à tous les âges, ne peut jamais se perdre, il s’enveloppe de voiles de plus en plus impénétrables, qui le dissimulent aux regards et sous lesquels il est extrêmement difficile de le découvrir.  mais il est dit aussi que ce qui est ainsi caché redeviendra visible à la fin de ce cycle, qui sera en même temps, en vertu de la continuité qui relie toutes choses entre elles, le commencement d’un cycle nouveau.»

Cette notion de cycle se retrouve dans la tradition hindoue, où elle porte le nom de « Manvantara ». Le « Manvantara » - cycle humain - est lui-même divisé en quatre âges ou « Yuga » de durées décroissantes : le Krita Yuga, le Tétra Yuga, le Dvapara Yuga et le Kali Yuga ou âge sombre, dans lequel nous nous trouverions actuellement et ce depuis plusieurs milliers d’années, peut-être 6000 ans (11), c’est-à-dire à peu près l’histoire « classique » et « connue ». Au-delà, les historiens parlent en effet déjà de pré-histoire pour avouer implicitement qu’ils méconnaissent cette période. On retrouve donc encore ici cette notion de réalités spirituelles qui demeurent cachées dans un « âge sombre » et matérialiste mais qui vont se dévoiler ensuite. Comme nous le détaillerons plus loin, de nombreux indices montrent en effet que nous nous trouvons dans la fin de ce « Kali Yuga » ou dans le début de l’âge suivant ; en tout état de cause dans une période de transition qui laisse apparaître à la fois la fin d’un monde et les germes du prochain, plus spirituel. Cependant, il est difficile, même pour les grands maîtres, d’en évaluer précisément la durée et les points de départ. Il semble d’ailleurs que cela soit voulu et bien ainsi, comme l’évoque cette phrase de Jésus dans les Évangiles :

« Cependant, personne ne sait quand viendra ce jour ou cette heure, pas même les anges, ni même le Fils ; le Père seul le sait. » (12)

Chez les Mayas ces périodes sont désignées par les quatre soleils et certains se souviennent peut-être de quelques mouvements de paniques ou à l’inverse de « célébrations enflammées » qui ont eu lieu autour du 21 décembre 2012, pour « la fin du calendrier maya ».

Si nous nous revenons maintenant vers l’Occident mais dans l’antiquité gréco-romaine, nous pouvons trouver des références aux âges d’or, d’argent, d’airain et de fer, qui sont l’équivalent des quatre « Yugas ». Ils sont par exemple décrits par Platon ou Ovide. Ainsi, dans « Les métamorphoses », Ovide nous dresse une description de ces quatre âges et de la chute progressive de l’humanité :

« Le premier âge fut l’âge d’or où, de lui-même, sans lois et sans contrainte, l’homme observait la justice et la vertu. On ne connaissait alors ni les supplices ni la crainte des supplices ; on ne lisait point, gravée sur l’airain, la menace des lois, et la foule suppliante ne tremblait pas devant un juge inutile encore à la sûreté des hommes. (…) Vierge encore et respectée des râteaux, la terre ne sentait pas encore la blessure du soc, et donnait ses fruits d’elle-même. Satisfaits des présents que la culture n’avait pas arrachés de son sein, les hommes cueillaient les fruits de l’arbousier, la fraise des montagnes, les baies du cornouiller, la mûre attachée aux ronces épineuses, ou ramassaient les glands tombés de l’arbre immense de Jupiter. (…) À ces deux âges, succéda l’âge d’airain : la race qu’il vit naître, plus farouche, plus prompte à prendre les armes, n’était point encore criminelle : le dur âge de fer fut le dernier. Dans ce siècle formé d’un métal pire que l’airain, tous les crimes envahirent la terre : on vit s’enfuir la pudeur, la vérité, la bonne foi, et régner à leur place, la fraude, la ruse, la trahison et la violence, et la coupable soif des richesses. »

La description de l’âge d’or et celle du paradis terrestre faite dans le livre de la Genèse, tradition commune aux trois religions monothéistes, est très similaire. La métaphore de la chute et de la sortie du Jardin d’Éden représentent alors la sortie de l’âge d’or où l’homme est en parfaite communion avec son Créateur et vit dans une innocence et une pureté originelle, la notion même de jugement n’existant alors pas encore et apparaissant avec le « fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » préféré à celui de « l’arbre de Vie ».

On peut aussi trouver dans ces cycles une correspondance avec l’astronomie, science autrefois sacrée. C’est la « précession des équinoxes ». L’axe de rotation la terre, incliné par rapport au plan défini par l’orbite solaire, effectue une rotation complète en 25 760 ans nous disent les scientifiques. Ceci a évidemment des conséquences sur les constellations visibles à un endroit donné et à un moment donné. Ainsi nous sortons de l’ère du « poisson-vierge », correspondant pour notre civilisation à l’ère chrétienne (13), et entrons désormais dans l’ère du « verseau-lion », le cycle entier ou « manvantara » correspondant à un tour complet du cadran astronomique (14).

L’apocalypse et la Genèse, les quatre âges de la tradition grecque, les Yugas de l’hindouisme, les quatre soleils, les grands cycles astronomiques. Tous ces enseignements, laissés comme une mémoire oubliée à travers le temps, nous parlent de la même chose. D’autres encore que nous connaissons moins, comme ceux de la Chine ancienne, en font de même. La pierre nous laisse même parfois, sous l’aspect d’une culture particulière, un message qui transcende les traditions. C’est le cas de la croix cyclique d’Hendaye décrite et déchiffrée par Fulcanelli dans Le mystère des cathédrales.

Pour terminer ce vagabondage dans les traditions spirituelles du monde, revenons à la tradition hindoue. Le Linga Purana (texte sacré) décrit la fin du Kali Yuga, de la manière suivante :

« Ils abandonneront leurs champs pour émigrer hors des frontières de leur pays. Ils auront faim, seront malades et connaîtront le désespoir. C'est alors que quelques-uns commenceront à réfléchir. »

Les idées que nous venons de présenter ici ont longtemps été méconnues en Occident, hors de quelques cercles ésotériques, loges maçonniques ou groupes « new age », qui ne les ont d’ailleurs pas forcément comprises et surtout ressenties en profondeur. En effet, il ne s’agit pas de s’arrêter à une connaissance « intellectuelle » mais bien d’entrer dans un ressenti, une sensation à tous les niveaux de notre être. Je me souviens qu’un de mes maîtres m’a dit un jour au sujet des grands mouvements cosmiques de la Terre dont nous avons parlé et qui sont la partie visible des cycles : « La Terre a 7 mouvements. Le mouvement de rotation autour de son axe, le mouvement de son axe lui-même (la précession des équinoxes), le mouvement de rotation autour du soleil, le mouvement du système solaire dans la galaxie, le mouvement de la galaxie dans la méta-galaxie. (il ne m’a pas dit les deux derniers) Tu dois sentir ces mouvements dans ton corps, dans tes couilles ! ». Cette dernière phrase peut paraître surprenante mais il m’a fallu un certain temps pour comprendre que de la même manière qu’on ne peut rester uniquement dans son corps et dans son mental, on ne peut rester dans l’expérience spirituelle pure. Les sensations du corps et les sensations liées au Souffle doivent finir par s’unir, afin que la séparation s’efface et se dilue : c’est le chemin de l’Unité. Et cette Unité, à la fois intérieure et extérieure, a comme ciment l’Amour dont Moriehei Ueshiba disait qu’il était le seul sommet et dont Paul affirme qu’il est la plus grande des trois choses qui demeureront lorsque le reste disparaîtra (15). C’est probablement cette vérité qu’il nous faut retrouver et vivre...

Pour revenir à René Guénon, il a peut-être été un des premiers à présenter ces idées méconnues en Occident au plus grand jour à travers plusieurs livres (16), même s’ils n’ont circulé que dans des cercles assez limités. Depuis l’Orient, elles ont été dévoilées d’une manière un peu différente (17) par le swami Sri Yukteswar dans son livre The Holy Science. Aujourd’hui, on commence à les voir exposées de manière plus visible, comme par exemple dans un numéro récent de la revue Ultreïa (18) ou même dans la culture populaire par exemple au travers de certaines chansons de la rappeuse marseillaise Keny Arkana. Ainsi, dans cet extrait de « Cinquième soleil », elle évoque cette période :

« Le grand jour se prépare, ne vois-tu pas les signes ? La mort n'existe pas, c'est juste la fin des cycles Cette fin se dessine, l'humain se décime Espoir indigo, les pléiades nous désignent Lève ta tête et comprends, ressens la force en ton être Dépasse Babylone, élucide le mystère Rien ne se tire au sort, que le ciel te bénisse Enfant du quinto sol, comprends entre les lignes »

Nous n’avons pour le moment pas beaucoup parlé de technologies de l’information mais ce long préalable était nécessaire.


Deux anecdotes en intermède : quand les Maîtres rencontrent les GAFA (19)

Comme nous l’avons déjà évoqué (20), les noms des géants de l’Internet sont souvent des allusions au spirituel, au magique ou aux grands mythes : Apple, Yahoo (21), Google/Alphabet (22), Amazon ou Criteo (23) en sont des exemples. Que le choix de leur nom ait été fait de façon consciente et intentionnelle ou pas, cela n’importe que peu, au fond. Dans cette partie, nous voulons relever deux anecdotes qui peuvent paraître amusantes et étonnantes à première vue mais qui sont en fait très révélatrices de cette époque de transition. Lorsque le chemin des deux sociétés technologiques les plus riches du monde rencontrent des maîtres spirituels issus de traditions millénaires.

La première concerne Steve Jobs, l’ancien PDG et fondateur d’Apple. On raconte qu’il n’avait qu’un seul livre sur son Ipad, et qu’il le lisait chaque année et depuis son adolescence (24). Le jour de ses funérailles et de la soirée qui s’en suivit - beaucoup des principaux dirigeants des sociétés technologiques étaient présents mais aussi de nombreuses personnalités de tous horizons - chacun des participants se vit remettre une boîte marron à la fin de la soirée. Cette boîte contenait ce livre, « Autobiographie d’un Yogui » écrit par le swami et yogui hindou Paramahansa Yogananda, lui-même disciple du swami Sri Yukteswar que nous avons évoqué. Cela peut paraître étonnant dans un tel contexte techno-scientiste car le livre contient en fait un message qui insiste à de nombreuses reprises sur les pouvoirs spirituels et leur manifestation dans le monde matériel, ce que notre culture judéo-chrétienne appelle couramment les « miracles ». Paramahansa Yogananda s’étend en effet amplement sur la spiritualité de l’Inde et sur les prodiges ou « possibilités » des maîtres et avatars orientaux ou occidentaux comme Babaji ou Thérèse Newman. Même si l’entrée en matière est progressive, il le fait dans une mesure qui même pour ce type d’ouvrage reste inhabituelle. Il y est notamment question de communication à distance, de capacités à s’exprimer parfaitement dans une langue qu’on ne connaît pas ou peu, de pouvoirs de guérisons, de la possibilité de se passer de nourriture physique ou de sommeil, de capacité a ressentir et deviner les intentions et les pensées, à se transporter à distance, etc. Des choses que la science actuelle, dont les technologies numériques en sont le fruit le plus abouti, ne peut accepter. Mais des choses que d’un autre côté, ces technologies – celles d’Apple et de Google en tête – visent à réaliser avec une insistance qui défie l’entendement et par une autre voie – celle du contrôle de la matière par les applications de la science moderne et la fusion des technologies « NBIC » (nano-technologies, biotechnologies, intelligence artificielle et sciences du cerveau). Certains techno-scientistes poussent même le vice jusqu’à la quête d’immortalité prônée par le courant transhumaniste (25), très présent dans la Silicon Valley... Enfin, un autre point intéressant qui nous ramène encore de plus près à notre sujet même si la référence est assez brève : dans son livre, Paramahansa Yogananda décrit et cite les idées de son maître Sri Yukteswar sur les changements de cycles que nous avons évoqués (Yugas et Manvantaras).

Changeons maintenant de continent. L’autre anecdote concerne une rencontre organisée en 2014 au siège de Google pour l’Amérique latine, un « Talk at Google » (26). Il s’agit d’une rencontre avec un représentant des autorités spirituelles du peuple des indiens Koguis de Colombie, le mamá (27) Shibulata, rendu semi-célèbre par les films-documentaires d’Alan Ereira (From the hearth of the world et Aluna). L’objectif pour Google est de montrer comment ses techniques de cartographie spatiale issues de Google Earth peuvent bénéficier à notre planète et aux peuples indiens. Sincérité ou « green washing » là n’est pas notre propos. Deux points ont attiré notre attention concernant cette rencontre entre un Google incarnant les technologies modernes et le monde virtuel et un peuple premier avec une tradition préservée de plusieurs milliers d’années et une connexion organique et spirituelle avec la terre. La première est la réaction du mamá Shibulata à la vision des images satellites des villages Koguis et du sien en particulier (via Google Earth) : « Es casi algo espiritual » dit-il, « C’est presque quelque chose de spirituel ». Cela peut rejoindre notre propos précédent et la « parodie du spirituel » qu’annonçait René Guénon. Le mamá est surpris du fait que les technologies permettent de réaliser des choses qui ne lui sont possibles que par la voie spirituelle. Cependant il reste lucide et affirme finalement : « Le petit frère (nous, occidentaux) a grandi beaucoup dans la partie matérielle mais le petit frère n’a pas grandi beaucoup dans ce qui est spirituel. (…) Ce serait très important que nous voyions dans la partie spirituelle ».

L’autre point intéressant en lien avec les technologies n’apparaît pas directement dans cette rencontre. Il concerne la vision du Monde qu’ont les Koguis (et d’autres peuples premiers voisins). Pour eux, le monde n’est pas uniquement un monde matériel. Il y a un monde spirituel qu’ils appellent « Aluna ». Entre les deux et pour soutenir le monde matériel il y a comme une « toile d’araignée ». Une notion probablement à relier avec la géographie sacrée et ses sites connectés entre eux par des chemins et des lignes, que l’on retrouve dans beaucoup de traditions anciennes. Un tissage invisible qui porte et connecte le monde visible. En tous cas, le parallèle avec ce que nous appelons le monde « réel » et le monde « virtuel » est évidemment frappant. Le réseau Internet avec ses câbles et ses nœuds - qui se situe entre les deux et sert de support au monde virtuel - a une structure comparable à celle d’une toile d’araignée. C’est d’ailleurs pour cela qu’on l’appelle « World Wide Web », « la grande/large toile d’araignée mondiale » et que les adresses internet sont généralement précédées du suffixe « www » qui identifie le serveur du site Internet.

Avec un peu de recul, le fait que l’homme ait créé un nouveau niveau de réalité et peut-être un nouveau niveau d’illusion (28) ne fait que souligner que nous vivons une époque bien particulière.

Concernant les peuples autochtones et d’une manière plus générale, un phénomène en lien avec cette fin de cycle nous a profondément marqué. Il s’agit du double phénomène d’abandon de transmissions initiatiques millénaires et d’un regain soudain pour la sauvegarde et la diffusion vers l’extérieur de cultures qui ont ces derniers siècles été oppressées, décimées et méprisées. Marlo Morgan, qui a vécu un temps avec la dernière tribu nomade d’aborigène d’Australie, y fait référence dans son livre « Message des hommes vrais au monde mutant ». Nous avons pour notre part eu l’occasion d’échanger longuement sur ce sujet avec un des derniers sages formé dans un centre initiatique aujourd’hui fermé après plusieurs milliers d’années de transmission ininterrompue.


Deuxième partie : les technologies numériques au service de la vitesse et de la quantité

Dans des articles précédents (29), nous avions déjà mis en évidence certains éléments indiquant que nous sommes actuellement dans ce changement de cycle, les technologies de l’information et de la communication en devenant à la fois le signe – se parant d’attributs « spirituels » (30) – et un des principaux vecteurs matériels, revenant ainsi à l’idée de « parodie du spirituel ». Nous pouvons essayer de les résumer ainsi :

  • les technologies de l’information permettent à tout moment et en tout lieu de se « relier », terme qui a été à l’origine même du mot « religion » dont l’étymologie prend sa source dans le terme latin « religare ». Le temps et l’espace se trouvant ainsi en quelque sorte abolis ;
  • un des éléments clés ayant permis cette connexion mondiale est la création et l’utilisation d’une famille de langages uniques et communs, appelés « protocoles » en informatique, le plus connu étant le protocole IP (Internet Protocol) attribuant un numéro (adresse IP) à chaque élément connecté au réseau. Ces langages existent à différents niveaux du réseau (on parle de « couches »), depuis sa partie physique jusqu’aux applications et la langue elle-même. L’anglais et les outils de traduction automatique tendent à une abolition des langues à plusieurs niveaux en quelque sorte (Cf. épisode de la Tour de Babel) (31) ;
  • un renversement du modèle initial de l’Internet (32) – dans lequel chaque ordinateur peut être client ou serveur (équilibre féminin/masculin,Yin/Yang) – a été opéré dans la pratique avec l’avènement du « cloud computing » et un stockage centralisé des données et des services dans les centres de données de quelques géants ;
  • la plupart de ces services en ligne sont en apparence « gratuits et illimités » mais ne sont offerts qu’en échange d’une aspiration de données et informations personnelles par les multinationales de l’Internet pour des usages variés (publicité ciblée, influences politique, analyses de risques, etc.) ;
  • un remplacement de l’intelligence et de l’intuition humaine par des décisions automatiques ou semi-automatiques (algorithmes et « intelligence artificielle ») utilisant toutes ces données collectées pour des finalités diverses : depuis la publicité ciblée, jusqu’au pilotage des drones de guerre en passant par la police prédictive et même certaines décisions de justice.

Un panorama peu réjouissant derrière une surface idyllique même si, comme nous l’avons déjà évoqué, les technologies de l’information et de la communication offrent aussi des chemins de traverse intéressants qui tentent de s’extraire des griffes de la matrice.

Maintenant, nous voulons insister sur deux autres éléments importants qui imprègnent également cette révolution technologique : la vitesse et la quantité.

Dans son livre Le règne de la quantité et les signes des temps, publié en 1945, René Guénon décrit ainsi l’accélération que nous vivons aujourd’hui :

« C’est précisément pour cette raison que les événements se déroulent actuellement avec une vitesse dont les époques antérieures n’offrent pas d’exemple, vitesse qui va sans cesse en s’accélérant et qui continuera à s’accélérer ainsi jusqu’à la fin du cycle ; il y a là comme une contraction progressive de la durée, dont la limite correspond au point d’arrêt auquel nous avons déjà fait allusion ;  »

Les technologies de l’information sont sans aucun doute l’élément matériel qui a le plus contribué à cette accélération qui donne aujourd’hui le vertige. Depuis le trading à haute fréquence de la finance mondiale jusqu’aux messageries « instantanées » et autres tweets, l’accélération atteint à la fois les limites des lois de la physique (33) d’une part et les limites des capacités humaines d’autre part. Les tenants du transhumanisme envisagent ainsi sérieusement « d’améliorer » l’être humain via la technologie pour lui permettre de dépasser ses capacités de communication naturelles, en terme de vitesse notamment. La parole, à l’origine sacrée, et notre oreille seraient même devenues, pour ces derniers, des « interfaces trop lentes » (34)...

Dans un même temps, naissent des mouvements qui prônent un retour à la lenteur et au fait de prendre le temps, dans tous les aspects de notre vie. Le « low tech », le « slow food », le mouvement citasslow ou celui de la décroissance en constituent des exemples. Des mouvements qui sont encore minoritaires mais des voix s’élèvent et des voies se dessinent… D’un point de vue spirituel, observons seulement que le retour à cette lenteur permet plus facilement d’être pleinement dans le moment présent et la contemplation, porte d’entrée aux sensations de la vie et à cette part d’éternité qui se cache dans les interstices du temps, de l’espace et de la beauté.

L’autre dimension concerne « le règne de la quantité » qui a supplanté la qualité dans toute sa profondeur : l’essence. Probablement même le fait que nous ne sachions plus ou peu la percevoir est en partie lié à cette accélération du temps. Là encore, les technologies informatiques qui ont servi d’outil de prédilection au monde de la finance y jouent un rôle particulier qui est intrinsèque à leur nature. Même si les revues de sciences aiment à nous parler d’informatique quantique, les technologies numériques, ce sont aujourd’hui in fine des « 0 » et des « 1 » et toutes les informations sont transmises sous forme binaire, donc de quantités pures. Ces « 0 » ou ces « 1 » peuvent servir à encoder divers types de données comme des textes, des images, des sons ou des vidéos mais cela ne reste que des « projections » dans un espace aux dimensions limitées (35) de ces textes, sons ou images. Or, la réalité est beaucoup plus et nous sommes beaucoup plus, indissociables des autres et du Tout. « I am large, I contain multitude » écrivait le poète, essayiste et journaliste Walt Whitman.

De plus, ce qu’on a coutume d’appeller l’intelligence informatique ou « artificielle » n’est qu’une invention marketing, un terme inapproprié (36). Il s’agit en réalité de processus automatiques à base d’algorithmes mathématiques et d’analyse de statistiques, pour qui la « qualité » dans son sens étendu et profond, est intrinsèquement hors de portée. Le fait de les confondre avec l’intelligence réelle et d’entretenir cette confusion est révélateur de la déconnexion de cette fin de cycle. De l’intelligence artificielle à la vie artificielle, de la prise de décision automatique à la vie automatique, il n’y a qu’un pas… C’est pourquoi il est sans doute temps de revenir à « l’intelligence naturelle », tout simplement.

Ceci dit et curieusement, les technologies numériques peuvent constituer un support réel et matériel qui peut faciliter une connexion à un autre niveau entre des personnes, lorsque nous ne nous limitons pas au superficiel. C’est par exemple le cas lorsque nous communiquons à distance avec quelqu’un à l’autre bout du monde via ces technologies. On peut avoir la sensation qu’il y a vraiment « quelque-chose qui passe » et c’est le cas. C’est peut-être ce qu’exprime Jérémie Zimmermann dans sa chanson « Datalove » et c’est sûrement dans ce rôle de vecteur de liens humains que les technologies numériques ont un rôle à jouer en attendant de retrouver ce qui a été perdu. Peut- être une « béquille » temporaire et nécessaire en cette époque où il est urgent de ralentir mais où paradoxalement le temps presse pour retrouver ce qui a été perdu ...

Aussi, souvenons-nous que même au sein de la dernière partie de ce cycle (Yuga) il existe encore de vrais Maîtres spirituels, des artistes connectés et même dans le monde matériel des artisans et compagnons, dont le travail, qui s’inscrit dans la matière, repose pourtant sur quelque chose de sacré en son essence et où les réalisations n’en sont qu’une manifestation sur le plan physique. C’est de cette partie sacrée, de cette parcelle de Souffle qui peut habiter toute chose, dont nous parlons ici. Lorsque Jésus disait en montrant la face de César sur la pièce de monnaie exigée comme impôt: « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (37), c’est de cela dont il parlait. César incarne un pouvoir politique et matériel basé sur sur une monnaie qui n’est plus que quantité, alors que le Divin, le sacré, c’est tout autre chose. Dommage que certaines églises utilisent aujourd’hui ce passage à contre sens pour justifier le paiement de la « dîme » (38) et ainsi leur enrichissement, se soumettant ainsi elles aussi au « dieu de l’argent » dont Jésus disait pourtant qu’on ne peut le servir tout en servant Dieu (39).

Pour terminer sur cette analyse sur la « quantité », remarquons l’évolution exponentielle des capacités de stockage et de traitement des informations, qui nous ont obligé à nous familiariser avec des unités de mesures toujours plus grandes : octet (40), kilo octet, méga octet, giga octet (un milliard d’octets), tera octet, péta octet, exa octet, etc. Désormais tout est enregistré et stocké, les livres des grandes bibliothèques du monde, nos messages, photos et vidéos quotidiennes, l’information dans tous les domaines de la connaissance, les données émanant de milliards de capteurs qui nous entourent (géolocalisation, température, mouvement, son, etc.). Dans un article de la revue Ultreia (41), Bernard Chevilliat (42) évoque cet « aspect archiviste de la fin des temps » également très symptomatique.

Cependant, et malgré tout ce que nous venons de dire, nous croyons et espérons que ces déséquilibres temporaires, ces crises, ces souffrances et ces illusions ne sont que des étapes transitoires qui contribueront in fine à l’harmonie, à l’union et au grand équilibre retrouvé du début du nouveau cycle. Peut-être que les technologies de l’information, qui comme nous l’avons vu tentent d’imiter les possibilités du spirituel dans le matériel dans une sorte de parodie, seront pourtant des outils transitoires pour la connexion et l’ouverture de conscience des êtres humains (43). Peut-être même qu’elles aideront à la visualisation (44) et l’incarnation de ces « possibles » puis se transmuteront.

Cette transmutation des TIC se fera-t-elle à temps ou une destruction du réseau aura-t-elle lieu au milieu d’autres effondrements ? Difficile à dire car le réseau Internet est loin d’être aussi résilient qu’on veut nous le faire croire. S’il a été construit sur une structure décentralisée pensée depuis le monde militaire (45), se sont greffées petit à petit et comme nous l’avons déjà vu des couches et composantes fortement centralisées depuis les États-Unis et les multinationales du net : que ce soient la structure des noms de domaines (46) et ses treize serveurs racines dont les bases de données sont mis à jour par la même petite entreprise Verisign, le service de messagerie interbancaire SWIFT, les gigantesques centres de données du « cloud » ou les moteurs de recherche, le réseau est fragile sur le plan physique, logique et même électromagnétique (47). Et si la transformation des TIC n’a pas lieu à temps, celles-ci seront vouées à disparaître rapidement, n’ayant été que le vecteur momentané de concentration de vitesse et de quantité, voire de « contre-tradition » (48), mais in fine juste un préalable temporaire au cycle nouveau qui s’annonce. Qui sait ? Rien n’est sûr, tout est possible ...

Nous sommes sur la tranche, la transition, le grand point de basculement. Au moment même où les forces apparemment dominantes de notre monde poussent jusqu’aux limites de l’absurde et de l’ignorance l’utilisation de la quantité pure, manifestée notamment par l’argent et la marchandisation de tout jusqu’à la vie même, et utilisent pour cela les technologies informatiques comme un outil voire une arme, ceux qui cherchent à retrouver la qualité et la profondeur de l’instant se réveillent et se lèvent. Dans l’agriculture et l’alimentation par exemple, ce sont des néoruraux qui cherchent à se reconnecter avec la nature, les aliments et la vie et abandonnent parfois un travail bien payé et une vie « matériellement » confortable. Ces changements de vie vont d’ailleurs souvent de pair avec un cheminement spirituel intérieur et on peut parfois y voir le mouvement inverse de celui évoqué par l’extrait du Linga Purana cité tout à l’heure (retour vers la campagne et la nature parfois même au sein même de la ville (49)). Dans l’éducation aussi, certains comprennent qu’une éducation basée sur la peur, l’esprit de compétition, un formatage et une limitation de la pensée ainsi qu’un enfermement de l’élève dans des notes chiffrées ne peut pas créer des individus libres, empathiques, épanouis et reliés. Ils cherchent et expérimentent alors d’autres voies pour transformer l’éducation, la transmuter. Même dans les arts martiaux, nous avons l’exemple de l’aïkijutsu qui est progressivement devenu l’« aïkido » ou « Voie de l’harmonie/fusion du Ki » grâce à la recherche spirituelle de son fondateur Morihei Ueshiba. Il a puisé dans l’essence des arts martiaux traditionnels japonais mais les a dépassés pour faire d’un « art de la guerre » un « art de la Paix », retrouvant la partie « Yin (50) » (féminine), le lien avec le « ki » et finalement l’Amour qui avaient été perdus...

Car au final il n’est que question d’Amour, non pas dans le sens galvaudé, limité et déformé de ce terme, mais dans le sens « agape » (51) de l’amour inconditionnel, cosmique de tous pour tous et sans condition.

Actuellement une artiste (52) est en train de parcourir la planète pour permettre l’écriture d’une lettre d’amour au monde par le monde. Ce sont déjà des dizaines de milliers de personnes de plus d’une centaine de pays qui ont déjà écrit dans leur langue une lettre d’Amour. La plus grande jamais écrite. Elle devrait être envoyée dans l’espace...

Ces exemples de transmutations et de graines qui germent peuvent se trouver dans de nombreux domaines dès qu’on les cherche (53). On peut même décider de faire soi-même partie du changement en cours...

Pour revenir et pour finir par les technologies numériques, il y a ici aussi toute une foison d’expérimentations dans le domaine du logiciel libre qui prend sa base sur le don gratuit, l’échange, la transparence et souvent la contribution désintéressée. Jérémie Zimmermann disait d’ailleurs récemment :

« Free software is about love. » (54)

On parle aussi du mouvement « open source » pour désigner le fait que le code source de ce type de logiciel est « ouvert », public. Une transparence et une ouverture en contraste avec les « boîtes noires » technologiques. Mais il est aussi intéressant de lire « open source » sous un sens spirituel, une (ré)ouverture de la Source…

La transmutation quant à elle impliquera forcément une « désalgorithmisation » des êtres humains, un abandon de l’intelligence artificielle pour un retour au « naturel ». Les décisions automatiques s’effaceront pour laisser ré-emmerger le libre-arbitre de l’humanité, pour que les êtres humains devenus aujourd’hui proches des robots réveillent le Vivant qu’il y a en eux. Cela ira forcément de pair avec un lâcher prise de la surveillance numérique des personnes et une acceptation puis une dissolution de la peur sous-jacente (55) pour lui substituer l’Amour. Cela peut paraître « impossible pour l’homme » mais le Souffle est là et la roue tourne.


Conclusion : où va-t-on ?

Les technologies numériques sont peut-être une « béquille » provisoire amenée à disparaître lors des effondrements à venir ou lorsque l’homme retrouvera sa plénitude spirituelle et ne les nécessitera tout simplement plus. Peut-être aussi se transmuteront-elles. Qui sait ? En tout état de cause, elles portent des signes forts montrant que nous nous situons sur la période de transition entre deux grands cycles de presque 26 000 ans : le grand basculement.

Tout est possible et, bien au-delà du monde technologique, dans toutes les structures « visibles » de notre monde, qu’elles soient politiques, économiques, sociales et même religieuses et spirituelles.

Même dans ce domaine en effet, au moment où les vieux édifices se fissurent et s’enflamment car ils ont gardé les traditions extérieures mais souvent perdu le Souffle, l’Amour, la Vérité, le sens des symboles et des enseignements et finalement la cohérence, beaucoup ressentent avec une force et une sincérité immenses la nécessité de chercher autre chose. Alors il y aura et il y a des faux prophètes on le sait, mais rien n’empêchera au Souffle de s’incarner, peut-être sous des formes et des chemins inattendus.

Les peurs et les « oui, mais... » de notre mental ou de ceux de nos proches surgiront comme des barrières d’hésitations à aller vers ce renouveau et il est nécessaire de les reconnaître. Cependant, nous savons tous au plus profond de nous que le mur vers lequel notre société fonce à toute allure et sans but véritable n’est qu’une chimère destructrice, un suicide inconscient et collectif. Heureusement, derrière ce monde matériel, il y a quelque-chose de plus Grand qui ne demande qu’ à vivre en nous.

Le moment est donc probablement venu de sortir de cette grande illusion qui nous a privée de la Vie, de la Liberté et de l’Amour pendant si longtemps pour re-découvrir les trésors qui ont été perdus mais que quelques sages – nous avons eu la chance et la responsabilité d’en rencontrer, qu’ils soient ici remerciés – ont gardé patiemment et parfois redécouvert dans l’attente de l’époque que nous vivons aujourd’hui. Si cet article visait à aider à comprendre le grand changement que nous vivons actuellement, s’il a même évoqué des exemples et des pistes de renouveaux, il ne peut donner à ceux qui le liront le chemin à suivre. Ce chemin, il est en chacun de nous et c’est seulement dans la profondeur de notre être et de notre cœur que nous pourrons le retrouver puis par la force et la détermination sans faille portée par notre centre que nous pourrons le vivre.


à tous les Sages qui n’en ont pas l’air et marchent en silence au milieu du monde.


NOTES ET REFERENCES

(1) Voir en particulier «La révolution des technologies de l’information à la lumière de la Genèse », mai 2013. Publication complète en un article sur le site du Christianisme social (http://www.christianismesocial.org/spip.php?article362) et partielle et en deux articles dans le journal Réforme (https://www.reforme.net/author/serge-lamour/).

(2) Le Règne de la quantité et les signes des temps (1945).

(3) Voir De la soumission aux algorithmes à une intelligence inspirée, mai 2015.

(4) Bourse des valeurs europeano-américaine. C’est le marché électronique d’actions le plus grand du monde. Les entreprises comme Google (Alphabet), Amazon ou Facebook s’en partagent depuis plusieurs années les premières places, en capitalisation boursière.

(5) Le mouvement des logiciels libres se focalise sur les idéaux philosophique et politique de justice et de liberté. Le mouvement « open source » s’attache surtout à la possibilité d’accéder au code source (transparence) des logiciels, de le redistribuer et de créer des travaux dérivés. La synthèse des deux s’opère à travers les FLOSS (Free/Libre Open Source Software).

(6) Les caractéristique « positives » énoncées n’empêchent ni les mauvais usages qui peuvent en être faits, ni la dépendance, ni l’effet « béquille » évoqué plus loin dans ce texte.

(7) Comment tout peut s’effondrer, Pablo Servigne et Raphaël Stevens, article de la revue Ultreïa n° 11 Printemps 2017. Également le titre d’un livre des mêmes auteurs (Seuil 2015) et plus récemment (2018) le livre Une autre fin du monde est possible.

(8) Par exemple et pour n’aborder que ce point de la partie « physique », dans la vision orientale, la partie du corps qui est décisive pour la décision et l’action n’est pas le cerveau mais le « hara », et en particulier un point situé légèrement sous le nombril et son symétrique dans le dos, la troisième (ou deuxième) vertèbre lombaire. Des problèmes à ce niveau rendent ainsi difficile la prise de décision et le passage à l’action. Le fait que beaucoup de jeunes portent le pantalon sur les fesses en Occident n’est pas seulement une mode mais est pour certains un symptôme de cette difficulté à l’action qui se traduit par un style « avachi » (porter le pantalon plus haut leur est désagréable car la ceinture touche leur troisième lombaire qui est affectée)… Au contraire, retrouver une force dans son « hara », son « centre », une meilleure respiration et un meilleur positionnement du corps et de la colonne libérera progressivement les capacités de décision/action de la personne. Un chemin vers la liberté...

(9) Nous emploierons plusieurs fois ce terme de « Souffle » dans cet article. Pour expliquer ce que l’on entend par « Souffle », on peut citer Benoît BILLOT, à la fois moine bénédictin et maître zen, qui en parlait ainsi dans un entretien qu’il donnait à Colette MESNAGE : « Les chinois l’appellent Ki, les hindous Prana, et moi, l’Esprit Saint. Esprit, c’est à dire éthymologiquement, Souffle Saint. ». En grec, le « pneuma ».

(10) Traduction : « Il y a plusieurs chemins menant au sommet du mont Fuji, mais il n’y a qu’un seul sommet, l’Amour. »

(11) Certains comme René GUENON parlent de 6000 ans environ (voir La Crise du Monde moderne), d’autres, comme Sri Yukteswar, de moins et nous situent déjà au début du cycle suivant. Enfin d’autres maîtres hindous comme Bhaktivedanta Swami Prabhupada considèrent que nous sommes encore dans le Kali Yuga mais sur des ères plus longues. La lecture de « signes des TIC » que nous voulons faire dans cet article va dans le sens d’une « phase de transition » entre les deux Manvantaras.

(12) Évangile de Marc, 13:32.

(13) À ce sujet, on peut remarquer que le symbole du poisson est omniprésent dans les Évangiles, depuis les premiers disciples qui sont des pêcheurs de poissons devenus « pêcheurs d’hommes », jusqu’à Jésus qui réclame à manger du « poisson grillé » après sa résurrection. Le symbole du poisson était d’ailleurs utilisé par les premiers chrétiens comme signe de ralliement et de reconnaissance et l’est encore aujourd’hui, en particulier chez les protestants baptistes et évangéliques. Pour la vierge, c’est encore plus évident...

(14) On peut d’ailleurs mentionner au passage que selon les évangiles, les fameux « rois mages » étaient des astronomes-astrologues et peut-être des alchimistes, à une époque où il n’y avait pas de séparation entre les connaissances scientifiques et sacrées, intervenue seulement avec le cartésianisme. En effet, le terme grec « magoï » utilisé dans l’Évangile de Matthieu et souvent traduit par « mages » désigne aussi « ceux qui connaissent les secrets de l’astrologie ». C’est d’ailleurs le choix de traduction qui a été fait dans la bible en français courant, qui parle de « savants, spécialistes des étoiles » ou par Charles Williams (The New Testament). Par ailleurs, l’historien Flavius Josèphe évoque des sages venus de Perse qui visitent Hérode « Nous venons de Perse, nos ancêtres ont recueilli des Chaldéens l’astronomie qui est notre science et notre art... ». Apparaît ainsi une connexion entre le christianisme et l’astrologie/astronomie.

(15) Voir le chapitre 13 de la première lettre aux Corinthiens. Il s' agit ici et dans ce texte d'amour dans le sens inconditionnel, agape en grec.

(16) Voir notamment : La crise du monde moderne, Le roi du monde (1927) et Le règne de la quantité et les signes des temps (1945).

(17) On peut notamment y voir une divergence apparente lorsque René Guénon parle d’un « Fiat Lux » qui fera suite à la fin de l’âge sombre quand Sri Yukteswar, schéma à l’appui, évoque un mouvement cyclique et progressif de retour vers le Krita Yuga. Ces approches peuvent peut-être se concilier par l’image suivante du cycle des jours et des nuits liés au mouvement de rotation de la Terre. Si la montée du soleil vers son zénith est bien un mouvement continu et progressif, le lever du soleil qui s’opère après la nuit dans un temps relativement court fait apparaître un changement important et une vue retrouvée : « Et la lumière fut... ».

(18) Dossier du n°11 de printemps 2017 : « Effondrement, dette, barbarie, crise spirituelle… Les signes des temps ».

(19) Google, Amazon, Facebook, Apple. Désigne les multinationales du web, ces nouveaux géants.

(20) Voir La révolution des technologies de l’information à la lumière de la Genèse, mai 2013.

(21) Ancienne divinité qui est plus tard devenue « Yahve » (Dieu). L’ancien outil de traduction Yahoo Babel Fish est quant à lui une triple allusion...

(22) Alphabet est le nouveau nom de Google et du consortium de sociétés qui ont été petit à petit rachetées dans les domaines des technologies de l’information mais également dans la robotique, les biotechnologies, l’intelligence artificielle, etc. Le début et la fin de l’alphabet (dans l’alphabet grec, l’alpha et l’oméga) sont traditionnellement associés à Dieu. C’est d’ailleurs dans le livre de l’Apocalypse de Jean qu’on trouve cette phrase bien connue : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » (chapitre 22). Pour revenir à la société Alphabet il est à ce sujet intéressant de noter que l’adresse de son site Internet est « www.abc.xyz ».

(23) Même si cette société est peu connue du grand public, il s’agit du leader européen de la publicité ciblée sur Internet. Son nom « criteo » vient du grec et signifie « je prédis ».

(24) Voir par exemple cet article : https://www.huffpost.com/entry/the-steve-jobs-reading-list-the-books_n_1024021

(25) Pour reprendre la définition de Wikipedia, « Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer la condition humaine notamment par l'augmentation des capacités physiques et mentales des êtres humains. ». Son symbole est « h+ » (comme humain augmenté).

(26) La vidéo est visible ici, sur les serveurs de Youtube, la filiale de Google : https://www.youtube.com/watch?v=yX-h5g7KcLQ

(27) Ce terme est parfois traduit par chamane. Mais littéralement, le terme « mama » signifie « soleil » en langue Kogui et le rôle qui correspond aux mamas pour le peuple Kogui est celui d’autorités spirituelles. Leur formation, dans l’obscurité et la méditation, peut dépasser les vingt ans.

(28) Dans la plupart des traditions spirituelles, ce que nous appelons le « monde réel » ou « monde matériel » n’est qu’une illusion dont il faut se libérer. C’est une des bases de l’hindouisme et du bouddhisme. Chez les grecs c’était le « mythe de la caverne ». Pour Jésus, l’essentiel, le vrai, c’est « le Royaume » (la Basileia) qui est au milieu de nous mais que nous ne voyons pas...

(29) Les articles, dans leurs versions complètes, sont disponibles ici : http://www.christianismesocial.org/spip.php?auteur102

(30) Dans La révolution des technologies de l’information à la lumière de la Genèse, nous avions identifié : l’omniniscience, l’omnipotence, l’omniprésence et l’éternité (abolition de l’espace et du temps), l’amour gratuit en lien avec le fait de se relier (« religare »).

(31) Dans un même temps, il est intéressant de noter la revendication et le retour de nombreuses langues anciennes, indigènes ou régionales.

(32) Initialement, l’architecture décentralisée et les protocoles de l’Internet étaient tournés vers un équilibre donnant la possibilité à chacun d’être acteur et récepteur, client et serveur dans un vocabulaire informatique, chacun pouvant héberger ou recevoir des informations.

(33) En particulier la vitesse de transmission de l’information, qui se fait la plus rapide au travers de la fibre optique, est limitée par la vitesse de la lumière, frontière que les lois de la physique interdisent aux technologies de franchir. D’après des informations qui nous ont été données, certains serveurs informatiques utilisés pour des activités boursières sont loués au plus proche des serveurs des places d’enchères car les distances gagnées dans le transit de l’information sur les fibres optiques à la vitesse de la lumière se traduisent par des millièmes voire des millionièmes de secondes gagnés dans les réponses aux enchères automatiques du trading à haute fréquence et donc un avantage en rapidité sur les concurrents.

(34) Référence à une interview d’Elon Musk  qui s’exprime ainsi : «  nous sommes déjà cyborgs. Votre téléphone et votre ordinateur sont des extensions de vous, mais l’interface est à travers des mouvements de doigts ou de la parole, ce qui est très lent ».

(35) On peut même le comprendre ces « dimensions limitées » et la projection dans un sens mathématique. Ou philosophique en se rappelant de l’allégorie de la caverne de Platon.

(36) Voir par exemple le livre L’intelligence artificielle n’existe pas de Luc Julia, considéré comme un de ses pères et aujourd’hui vice-président innovation de Samsung et directeur du laboratoire de recherche en IA de cette société. Il exprime dans une interview récente à la revue We Demain : « Elle l’intelligence artificielle n’existe pas car je ne peux pas vous dire ce que c’est. On a défini en 1956 une discipline nommée intelligence artificielle et je pense que c’était une erreur. On essayait, à l’époque, de modéliser le cerveau. Le but ? C’était de reconnaître la parole, ce qui est la chose la plus compliquée, le propre de l’homme en fait. C’est peut-être ça l’intelligence. Au bout de six ans, on a tout arrêté, car on s’est aperçu qu’on ne savait pas le faire. On a alors connu ce qui s’appelle le premier hiver de l’IA. On aurait dû éliminer la discipline puisque ce n’était pas utile. Si j’avais à garder l’expression IA telle qu’on l’avait pensée à l’époque, j’appellerais ça le machine learning, le deep learning, c’est-à-dire tout ce qui est apprentissage et reconnaissance. Ce transhumaniste Ray Kurzweil dit n’importe quoi. Le fait que les machines puissent être émotionnelles, c’est de la science-fiction, c’est pour faire peur… Avec les techniques actuelles, qui sont des techniques mathématiques basées sur des statistiques –  c’est ce que l’on fait depuis soixante ans –, ce n’est pas possible. ».

(37) Évangile de Luc, chapitre 20.

(38) D’aucuns affirment que cette parole de Jésus constitue une réaffirmation de la dîme de l’ancien Testament, demandant ainsi à chaque membre de donner 10 % de ses revenus à l’Église. La différence entre la « dîme », posée comme un commandement divin qui impose un montant de 10 %, et « l’offrande », qui respecte le libre-arbitre du cœur, est pourtant capitale nous semble-t-il.

(39) « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. le Dieu de l’argent» Évangile de Mathieu, chapitre 6.

(40) Un octet correspond à 8 bits, c’est à dire une succession de 8 « 0 » ou « 1 » et permet d’encoder un caractère (lettre, chiffre, symbole) ou d’autres types d’informations.

(41) Perspective traditionnelle et signes des temps, Ultreia n°11, Printemps 2017.

(42) Bernard Chevilliat est à la fois le fondateur de Melvita, des éditions Horizoni et de la revue Ultreia.

(43) Par exemple par les capacités à connecter « des personnes de bonne volonté » offertes par les technologies, ou par la diffusion de certaines connaissances qu’elles permettent. Nous-même les utilisons pour diffuser cet article.

(44) Dans beaucoup de traditions il est important de « visualiser » ce que l’on souhaite incarner.

(45) Le réseau Internet est né du projet Arpanet, un réseau à la structure décentralisé pensé à l’époque pour résister à des attaques nucléaires.

(46) Les noms de domaines de l’Internet, comme « cnn.com » ou « elysee.fr », sont gérés par des serveurs de nom de domaine avec une architecture pyramidale (en haut de la pyramide se trouvent les treize serveurs racines). Ce sont ces serveurs qui font la correspondance entre les nom de domaine et les adresses IP. D’une certaine manière, ils sont la clé de voûte du fonctionnement de l’Internet. Sans eux, Internet ne peut fonctionner correctement.

(47) En effet bien que ce sujet soit moins connu, les équipements électroniques comme les ordinateurs sont sensibles aux forts champs électro magnétiques qui peuvent tous simplement les rendre hors d’usage. Certains envisagent l’utilisation d’impulsions électro magnétiques nucléaires, produite par l’explosion d’une bombe atomique à haute altitude, comme une arme capable de « griller » tous les équipements électroniques d’un pays (voir par exemple cet article du blog de Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/patrick-cahez/blog/180818/impulsion-electromagnetique-nucleair ). D’autres évoquent aussi les risques liés dans l’éventualité de perturbations fortes du champs électro magnétique terrestre, en cas d’excursion ou d’inversion des pôles magnétiques de la terre. En effet, le pôle Nord magnétique de la Terre se déplace avec une vitesse croissante et s’affaiblit, faisant penser à certains scientifiques qu’une nouvelle inversion est possible voire probable. Un article sur ce sujet est disponible sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inversion_du_champ_magn%C3%A9tique_terrestre

(48) Voir Le règne de la quantité et les signes des temps » pour la « contre-tradition. Certains évoquent sérieusement – à travers la théorie de la singularité où une super intelligence artificielle prendrait le contrôle sur l’humanité – la possibilité que cette « IA » en vienne à jouer le rôle d’un Dieu et soit vénérée par les humains (voir par exemple un article de John Brandon à ce sujet). Nous ne sommes pas vraiment convaincus par ces théories.

(49) Ce retour vers la nature peut parfois prendre racine au cœur même de la ville avec notamment les jardins urbains. L’exemple de la ville de Detroit aux États-Unis où d’anciens sites industriels automobiles abandonnés suite à la crise économique ont été reconvertis en jardins en est un bel exemple.

(50) Le « Yin » représente le « féminin » présent en tout être humain homme ou femme, c’est à dire la contemplation et l’écoute, l’intuition, le silence, l’eau, la lune, la courbe/cercle, etc. Le Yin est porté par les femmes et par les hommes. Lui ré-ouvrir une place alors qu’il a été opprimé – et les femmes qui en sont les principales porteuses, pendant si longtemps – constituera certainement une étape nécessaire au grand changement dont parle cet article.

(51) Lorsque Jésus parle d’amour dans les Évangiles avec notamment le fameux « Aime ton prochain comme toi-même », c’est le terme « agape » d’amour inconditionnel qui est utilisé dans les originaux grecs.

(52) Cocovan, la « World Letter », https://www.theworldletter.com/.

(53) Le livre Un million de révolutions tranquilles de Bénédicte Manier en donne foison d’exemples même s’il n’en aborde presque pas la dimension spirituelle. Il mérite d’être cité car ces changements en cours sont très peu évoqués dans les médias traditionnels et dominants, mais ils sont là, discrets et puissants. Ils sont parfois cités dans une nouvelle génération de médias indépendants et alternatifs portés parfois en partie par Internet. Un exemple au titre évocateur : le jeune journal français l’Age de Faire, dont le titre n’est pas sans évoquer un renversement sémantique de l’âge de fer...

(54) Love against the machine, Re:Publica 2017, https://re-publica.com/de/session/love-against-machine.

(55) Voir l’article en trois parties : « Liberté, sécurité et technologies de l’information : une approche philosophique et spirituelle », http://christianismesocial.org/spip.php?article473